Mal au dos après le golf : d’où il vient, et comment l’éviter
Vous connaissez ce moment. La partie s’est bien passée, vous rangez le sac dans le coffre, et en vous penchant, ça tire. Le lendemain matin, vous descendez l’escalier comme un homme de quatre-vingt-dix ans. Et vous vous dites que c’est l’âge, ou le golf, ou les deux.
Je l’ai entendu des centaines de fois. Et dans la grande majorité des cas, ce n’est ni l’âge ni le golf. C’est la façon dont le corps est obligé de jouer au golf.
Le bas du dos n’est pas fait pour tourner
C’est la première chose à comprendre. Les vertèbres lombaires, celles du bas du dos, tournent très peu. Elles sont faites pour porter, plier vers l’avant et vers l’arrière, pas pour pivoter.
La rotation du swing devrait venir de deux autres endroits : les hanches en bas, et le haut du dos (la colonne thoracique, entre les omoplates). Quand ces deux zones sont raides, le corps trouve la rotation là où il peut. Et c’est le bas du dos qui paie, partie après partie.
Les trois causes que je retrouve presque toujours
Des hanches fermées. Des années assis au bureau, en voiture, dans le canapé, et les hanches perdent leur capacité à tourner. Au backswing, la hanche arrière ne laisse pas passer le mouvement, alors le dos force. J’en ai parlé en détail dans l’article sur la souplesse des hanches.
Un haut du dos figé. Les épaules enroulées vers l’avant, la tête qui avance vers l’écran : la colonne thoracique se rigidifie. Elle devrait apporter une bonne partie de la rotation. Bloquée, elle renvoie le travail vers les lombaires.
Un corps froid au départ du 1. On arrive au club, on prend un café, on tape trois balles et on part. Les premiers coups se font avec des muscles et des articulations qui n’ont pas encore été réveillés. C’est souvent là que la douleur s’installe, même si on ne la sent que le soir.
Ce que vous pouvez changer dès la prochaine partie
Pas besoin de tout révolutionner. Trois habitudes suffisent pour commencer.
Prenez sept minutes avant de jouer, vraiment. Pas pour taper des balles, pour réveiller le corps : hanches, haut du dos, poignets, équilibre. Je détaille la routine que j’utilise dans le guide offert de la routine 7 minutes.
Entre deux trous, au lieu d’attendre les mains sur le club, faites deux ou trois rotations lentes du buste, club posé derrière les épaules. Sans forcer, sans à-coups.
Au retour, avant de vous asseoir dans la voiture, accordez-vous une minute : debout, mains sur les hanches, quelques bascules du bassin vers l’avant et l’arrière. Le dos sort du parcours, il mérite une transition.
Et sur la durée
La vraie réponse, c’est de redonner au corps la mobilité qui lui manque, pour que la rotation vienne enfin des bons endroits. C’est exactement ce que fait une pratique de yoga régulière, même courte. Si la question des blessures vous intéresse plus largement, j’ai écrit un article sur la prévention des blessures au golf.
Un mot important pour finir : une douleur qui dure, qui irradie dans la jambe ou qui vous réveille la nuit n’est pas une question de souplesse. Elle mérite l’avis d’un médecin ou d’un kinésithérapeute avant toute chose.
Pour les autres, la bonne nouvelle, c’est que le dos du golfeur se soigne surtout en dehors du dos.




